Le professeur élève la voix pour couvrir le brouhaha de 70 élèves entassés dans la petite classe: à Malabo, capitale de Guinée Équatoriale, apprendre à l’école publique, pour les plus pauvres, est une gageure. Et le coronavirus n’arrange rien.
Les élèves posent leur question en même temps, bavardent ou se lèvent pour pouvoir recopier le bas du tableau. Dans ce joyeux bazar, le prof d’économie de cette classe de 1ère est visiblement dépassé.
Le lycée Aneja Luther King est assailli, comme tous les établissements publics de ce petit État d’Afrique centrale, par un nombre d’inscriptions bien trop élevé pour ses structures.
Et la consigne gouvernementale de réduire l’accueil à 50% de leurs capacités en raison du coronavirus, même loin d’être respectée dans les faits, donne la migraine aux chefs d’établissements publics et risque de déscolariser les plus pauvres.
En cause, le manque d’écoles publiques, aux frais de scolarité très inférieurs au privé, les seules abordables pour la vaste majorité de la population.
Plus de la moitié des Equato-Guinéens vit sous le seuil de pauvreté et le salaire minimum garanti est de 117.300 francs CFA (178 euros) par mois. Une année scolaire dans le public coûte en moyenne 7.500 FCFA (11,5 euros) contre 100.000 à un million de FCFA dans le privé (150 à 1.525 euros).
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