La forêt du Mont Mandingues, classée à la fin des années 30, couvre près de 15 000 ha et se trouve à environ 20 km au sud-ouest de Bamako. Actuellement, six gros villages se trouvant à la lisière de la forêt (Balandougou, Faraba, Farabana, Katibougou, Mamaribougou et Samanko) exploitent les ressources forestières. Cette forêt sert aujourd’hui un dépotoir d’ordures.
Une forêt joue un rôle central contre le changement climatique, en absorbant les gaz à effets de serre (GES) et en renforçant la résilience des paysages : régulation des flux, maintien et enrichissement des sols pour l’agriculture, protection des communautés côtières contre les événements climatiques extrêmes et création de couloirs migratoires pour les espèces animales et végétales.
Aujourd’hui, le constat est amer dans cette forêt. Elle est transformée en un dépotoir d’ordures pour certains individus de la ville de Bamako.
Est-il indispensable que cette forêt soit transformer en un dépotoir d’ordures ?
Il suffit de faire un tour dans cette forêt pour constater ce mauvais comportement de la part de certains individus de la capitale malienne.
Des tricycles, des camions remplis d’ordures se ruent jour et nuit vers cette forêt pour y être décharger. Elle commence à être sale. Un peu partout dans cette forêt, on tombe sur des tas d’ordures.
Cette situation a commencé lorsque le dépôt d’ordures de lafiabougou en commune IV du district de Bamako a été suspendu. L’alternative a été, d’acheminer les ordures dans la forêt du Mont Mandingues car il n’y a pas un autre site pour les ordures.
Siaka Diarra, conducteur de tricycle a expliqué que « nous acheminons ces ordures dans la forêt car c’est le seul lieu propice pour les ordures. Une fois décharger, ces déchets n’auront plus d’impact sur nous. Sinon avant nous les acheminions vers lafiabougou mais malheureusement nos autorités nous ont interdit ce site. Nous n’avons pas d’autres lieux pour acheminer ces ordures en dehors de la forêt. Ça coûte un peu cher, si c’était au dépotoir de lafiabougou, on n’a pas besoin de parcourir une longue distance. Pour y arriver dans la forêt il faut trois à quatre kilomètres ».
Djibril Diakité, chauffeur de camion et transporteur d’ordures a souligné que » la situation d’ordures de Bamako est devenue compliquée, avant nous acheminions les ordures à lafiabougou mais avec les altercations qui se sont répétées, le site n’est finalement plus autorisé. Je suis obligé d’amener mes ordures ici pour être décharger ».
Force est de constater qu’une zone est identifiée dans la forêt par les agents des eaux et forêts pour les déchargements d’ordures malheureusement beaucoup de conducteurs une fois déjà hors de vue des agents des eaux et forêts déchargent leurs véhicules dans le pèle mêle dans la forêt.
Que faut-il faire ?
Nous invitons les autorités maliennes à travers le ministère en charge de l’environnement à prendre des dispositions idoines pour sauver cette forêt.
Nous proposons la création des centres d’incinération d’ordures bien délimités dans les périphéries de la ville de Bamako et dans chaque région. Cela permettra d’en finir avec les déchets plastiques, ce qui est un facteur dangereux pour la dégradation du sol et une menace non seulement pour les animaux mais aussi pour les humains.
Si rien n’est fait dans cinq (5) ans, cette forêt prendra une mauvaise image.
Nouhoum Dembélé
Source : leronier

