SÉCURITÉ ALIMENTAIRE: LE PLAN NATIONAL DE RÉPONSES (PNR) 2025 LANCÉ

Le président de la transition, chef de l’Etat, le Général Assimi Goïta, a procédé au lancement du Plan National de Réponse (PNR) cotre l’insecurité alimentaire.
La cérémonie s’est déroulée à l’OPAM de Sogoniko le mardi 12 août 2025. En présence du ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouane Ag Mohomed Ali, du représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), des membres du CNT, ainsi que les membres du gouvernement.

Selon le président Assimi Goïta, ce plan s’inscrit dans le cadre de l’assistance de l’État aux populations vulnérables, particulièrement en cette période de soudure. L’opération se déroulera sur l’ensemble du territoire national et comprendra plusieurs volets, a précisé M. Goïta. Et de poursuivre: » le premier volet concerne la distribution gratuite d’environ 22 000 tonnes de céréales.
Le second volet prévoit la mise en vente d’environ 11 500 tonnes de denrées subventionnées dans le cadre d’un système d’intervention économique.
Le troisième volet, dit « volet résilience », vise à soutenir les pisciculteurs, aménager des périmètres maraîchers et, surtout, restaurer les terres dégradées. »
Ce Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire s’inscrit pleinement dans la vision de souveraineté alimentaire de la transition, qui ambitionne de garantir un accès équitable à une alimentation suffisante et saine, a-t- il ajouté. Tout en affirmant que  » nous sommes pleinement conscients des défis que traverse notre pays : aléas climatiques, crises internationales et, surtout, problèmes de sécurité dans certaines localités. Tous ces facteurs externes pèsent lourdement sur nos populations, ce qui explique pourquoi les autorités de la transition ont placé au cœur de leurs priorités la sécurité alimentaire et nutritionnelle de leurs concitoyens ».

Pour le commissaire à la sécurité alimentaire, Redouane Ag Mohomed Ali, ce rendez-vous, hautement important pour le Mali, s’inscrit désormais comme une tradition bien établie dans l’agenda national sous leadership éclairé de Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État. Ce rituel annuel, initié à Mopti en 2021, poursuivi à Nioro du Sahel en 2022, consolidé à Ségou en 2023, puis renforcé à Sikasso en 2024, se poursuit et trouve cette année un nouvel ancrage au cœur de la capitale, Bamako, a ajouté le ministre commissaire à la sécurité alimentaire. Et d’indiquer qu’en plaçant la sécurité alimentaire au sommet des priorités de l’État, c’est redonner confiance aux compatriotes, qui ont besoin de boussole et d’assurances dans le brouillard d’incertitudes multiples et multidimensionnelles, toutes exacerbées par un contexte sous-régional et international peu favorable.

Grâce aux mesures préventives prises, l’approvisionnement des marchés domestiques en céréales de base notamment le mil, le sorgho et le maïs s’est globalement maintenu à un niveau satisfaisant et la stabilité relative des prix a permis de préserver l’accessibilité des populations aux denrées essentielles.De même, la mise en œuvre régulière du Plan National de Réponses (PNR), rendue possible, a permis d’enregistrer des progrès qualitatifs appréciables et des avancées notables dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.

Cependant, bien que ces résultats soient encourageants, la situation globale demeure préoccupante dans certaines zones du pays, où l’insécurité alimentaire reste fortement aggravée par la récurrence de chocs biophysiques et agro-climatiques, compromettant gravement les productions agricoles et les moyens de subsistance, regrette M. Ali. D’après lui, cette réalité se traduit hélas par une hausse des prix des produits de première nécessité sur certains marchés régionaux et locaux, tout en affectant durement les ménages vulnérables, dont l’accès à l’alimentation dépend principalement des achats sur les marchés.Ainsi, selon les données issues de l’évaluation nationale de la sécurité alimentaire conduite, en Novembre 2024, par l’Agence de Veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVASAN) et homologuée par le Cadre Harmonisé, 1 470 114 personnes ont été identifiées en situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 – Crise), nécessitant des interventions urgentes d’atténuation.Pour répondre à ces besoins pressants, l’État a mobilisé une enveloppe budgétaire globale de 12,74 milliards de FCFA. Ce financement permettra, entre autres de :fournir une assistance alimentaire gratuite composée de 22 700 tonnes de céréales ;organiser des ventes à des prix subventionnés pour 11 500 tonnes de riz provenant du Stock d’Intervention de l’État (SIE) ;mettre en œuvre des opérations de « Facilité alimentaire » sous forme de kits alimentaires vendus à moitié prix en faveur de 16 000 ménages vulnérables identifiés dans les six communes du District de Bamako et dans d’autres centres urbains à l’intérieur du pays.Aussi, le Plan National de Réponses 2025 intègre des actions de résilience visant à renforcer durablement les moyens d’existence des populations. Il s’agit notamment, entre autres interventions structurantes, de réalisation ou de réhabilitation de périmètres maraîchers, ainsi que de l’aménagement et de la restauration de terres dégradées (2 800 hectares).Par ailleurs, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) vient en appui aux efforts du Gouvernement avec un financement 15 milliards de FCFA et 10 000 tonnes de vivres pour couvrir les besoins immédiats des populations les plus affectées, soit une assistance pour 685 000 bénéficiaires. « L’ampleur des défis auxquels nous faisons face est considérable. Il devient donc impératif de conjuguer les efforts et d’agir en amont sans attendre que les urgences nous rattrapent. Notre responsabilité collective est d’apporter un soutien effectif aux couches les plus vulnérables, souvent les moins préparées, face aux multiples crises – qu’elles soient sécuritaires, climatiques ou économiques. Il est évident que ce sont toujours les plus fragiles qui en subissent les conséquences les plus lourdes.A cet effet, il faut le dire, nous saluons, avec beaucoup d’enthousiasme et de reconnaissance, la présence parmi nous, aujourd’hui, d’un grand nombre de nos partenaires et amis du Mali. Notre mobilisation collective nous permet d’aller de l’avant et de réaliser un certain nombre d’activités essentielles pour la bonne marche de notre Dispositif National de Sécurité Alimentaire, au bénéfice de l’ensemble des populations maliennes.Ainsi, sur le plan institutionnel, des réformes importantes ont été menées en vue de rendre notre administration plus opérante, plus moderne et à même de répondre aux exigences de rendement et de qualité attendu d’elle. Au titre de ces reformes nous pouvons mentionner, entre autres, un ciblage précis des bénéficiaires, l’amorce d’une planification conjointe, une meilleure gestion des stocks nationaux, le renforcement du mécanisme de suivi-évaluation, la mise en place d’un système innovent d’accès à l’alimentation pour les couches modestes appelé « Facilité Alimentaire Malienne (FAM) », et une non moindre réalisation qu’il est important de mentionner est la création de l’Agence de Veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVASAN), suite à la fusion du Système d’Alerte Précoce et de l’Observatoire des Marchés Agricoles.Toutes ces réformes qui viennent d’être effleurées prouvent qu’il est nécessaire de conjuguer ensemble les efforts pour dynamiser, avec ambition et sens d’innovation, le secteur de la sécurité alimentaire, qui demeure un pilier fondamental de stabilité et de cohésion sociale dans notre pays.C’est pourquoi, chers partenaires et amis du Mali, nous vous réitérons, une fois de plus, nos remerciements les plus sincères pour votre engagement constant et pour vos appuis précieux, tout en vous demandant, solennellement, de persévérer à nous soutenir dans notre volonté de rendre le Mali plus résiliant, sur le chemin de la conquête de notre souveraineté alimentaire. A ce titre, qu’il nous soit permis d’adresser une mention spéciale à la République Populaire de Chine. Ce pays ami du Mali, dont l’engagement, dans divers domaines, ne s’est jamais démenti, a consenti cette année des efforts louables en faveur des populations vulnérables ou victimes des inondations de notre pays, à travers la mise à disposition de quantités importantes de vivres et des financements conséquents.Nos félicitations et remerciements vont également à tous les acteurs qui nous accompagnent sur le terrain autorités administratives et coutumières, Forces de défense et de sécurité, ONGs nationales et internationales pour leur engagement sans faille à venir en aide aux populations les plus vulnérables. »
le leadership du Commissariat à la Sécurité Alimentaire, le Dispositif national de sécurité alimentaire s’engage à optimiser les ressources et à mobiliser les énergies pour atteindre les objectifs idéaux de souveraineté alimentaire et de mieux être pour l’ensemble de nos concitoyens, a conclu le ministre commissaire.

Selon le représentant du PAM, duis plusieurs années, le Mali est confronté à de graves défis : aléas climatiques, conflits et difficultés économiques fragilisent les ménages. Selon le Cadre Harmonisé de novembre 2024, plus de 1,4 million de personnes se trouvent en situation de crise ou d’urgence alimentaire. En 2025, l’objectif du PAM est d’apporter une assistance à 2,3 millions de personnes vulnérables. Cependant, un déficit de financement de plus de 200 millions de dollars américains persiste.Malgré ces contraintes, plus de 800 000 personnes ont déjà été assistées, a-t-il précisé. Et d’appeler les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement et lancer un appel à la poursuite de leur engagement. « Dans ce contexte, nous voulons concentrer nos efforts sur des approches intégrées, associant aide alimentaire, relèvement précoce, activités génératrices de revenus et soutien à l’agriculture d’urgence. Cette stratégie s’inscrit dans la vision partagée de transformation des systèmes alimentaires du Mali vers la souveraineté alimentaire et la résilience communautaire. Le PAM, aux côtés du Gouvernement et des partenaires, restera pleinement engagé pour distribuer vivres ou coupons alimentaires,fournir un soutien nutritionnel aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes,renforcer les moyens d’existence pour faire face aux chocs.

Sabeleh Dembélé

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