Les Intérêts Socio Économiques et Sécuritaires des Peuples d’Afrique de l’Ouest Amènent l’AES et la CEDEAO au Dialogue.

L’intégration des peuples s’impose désormais comme le véritable garde-fou face aux fractures politiques entre l’AES et la CEDEAO. Loin s’en faut !
Alors que les diplomates s’affrontent sur les questions de souveraineté et d’ordre constitutionnel, les 70 millions de citoyens du Sahel et leurs voisins côtiers rappellent une réalité fondamentale : les familles, le commerce transfrontalier et les traditions partagées ignorent les lignes de démarcation administratives.

La diplomatie par le bas : quand le quotidien dicte la politique.
Pour les populations ouest-africaines, l’intégration régionale n’est pas un concept théorique débattu dans les chancelleries. Elle se vit chaque jour à travers :
• Le commerce transfrontalier : Les marchés du bétail, des céréales et des biens manufacturés dépendent d’un flux continu entre les pays enclavés de la Confédération de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et les ports maritimes de la CEDEAO.
• Les structures familiales : Les mariages, les alliances communautaires et les migrations pastorales lient structurellement le destin d’un éleveur nigérien à celui d’un commerçant béninois ou nigérian, par-delà les postures des chefs d’État.
Cette interpénétration socioculturelle séculaire, bâtie sur plus de 50 ans de marche commune, exerce une pression invisible mais irrésistible sur les dirigeants politiques. C’est précisément cette exigence populaire qui a rendu indispensable la reprise des négociations à Dakar en octobre 2026.

Un arbitrage pragmatique : préserver les acquis communautaires
Face au risque d’une rupture économique majeure, la société civile et les acteurs économiques exigent un modèle de cohabitation réaliste. L’enjeu imposé par la rue africaine s’articule autour de trois impératifs :

EXIGENCE POPULAIRE:


• Libre circulation
• Pacte citoyen: Garantir le droit d’établissement
• Sécurité partagée: Maintenir les accords de renseignements face au terrorisme.

Vers une « CEDEAO des peuples » connectée à l’AES
Pour répondre à cette pression, les institutions ont dû adapter leur logiciel. Lors des récents sommets, les dirigeants de la CEDEAO ont acté la nécessité de coconstruire un « pacte à travers des interactions directes avec les citoyens ». L’objectif est clair : éviter que le protocole démocratique rigide de l’organisation côtière ne pénalise la fluidité économique de l’artisan ou de l’agriculteur sahélien.
En créant des groupes de travail mixtes axés en priorité sur le bien-être des populations, l’AES et la CEDEAO prouvent que la souveraineté étatique ne peut s’affranchir du destin commun des peuples. L’histoire retiendra que ce ne sont pas les décrets qui auront sauvé l’unité ouest-africaine, mais bien la résilience et l’interdépendance de ses citoyens.
Bakary Coulibaly
SGA: Ordre des Experts Judiciaires du Mali

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