Cheick Doucouré est arrivé sur la pointe des pieds dans le Pas-de-Calais au beau milieu de l’hiver 2018. Deux années plus tard, l’international malien, 20 ans, va découvrir la Ligue 1 avec Lens, promu pour cette nouvelle saison.
Né à Bamako, Cheick Doucouré quitte le Mali à l’âge de trois ans pour Abidjan, en Côte d’Ivoire, où ses parents ont trouvé du travail. Alors que le père est un fervent supporter de l’ASEC Mimosa, lui fait souvent l’école buissonnière pour aller jouer au football. La vie devient compliquée financièrement pour sa famille, il n’ira pas au collège. À 10 ans, il annonce qu’il se consacrera au foot.
Cheick Doucouré passe sept années à l’Académie du Mali, académie de Jean-Marc Guillou. Là, comme Yaya Touré, Gervinho, Aruna Dindane, Emmanuel Eboué ou, plus récemment, Ramy Bensebaini, il fait ses gammes et intègre ensuite le Real Bamako du grand Salif Keïta, à l’âge de 16 ans.
Humble et courageux
Alors qu’il participe à la Coupe du Monde U17, Frédéric Martin, le directeur de l’Académie parle de lui à Eric Roy, directeur sportif du RC Lens à l’époque. Voilà comment il est repéré et signe dans le nord de la France.
Cheick Doucouré, qui se dit « humble » et « courageux », joue son premier match avec l’équipe première le 27 juillet 2018, lors de la première journée de la saison 2018-2019 de Ligue 2 contre l’US Orléans, titulaire au poste de milieu défensif. En décembre 2019, il prolonge son contrat avec les Sang et Or jusqu’en juin 2024. Philippe Montanier, l’entraîneur de l’époque, ne cache pas son admiration en conférence de presse : « Cheick est un joueur arrivé très tôt de l’académie Jean-Marc Guillou et dès la préparation de l’année dernière, on s’est demandé : « C’est quoi ce joueur-là ? ». Il a une intelligence de jeu innée qui fait qu’il s’adapte facilement. »
Cheick Doucouré est revenu sur sa signature dans le magazine Onze Mondial : « Avant de signer au RC Lens, je suis passé par un essai, raconte-t-il. J’ai débarqué en janvier, pendant l’hiver, c’était la première fois que je voyais la neige [rires]. J’ai tout donné et le club m’a fait signer stagiaire pro. Rapidement, j’ai connu deux blessures. Malgré ça, j’ai continué à bosser et j’ai pu enchaîner les matchs avec la réserve. Dès la saison suivante, j’ai fait la reprise avec les pros. Les matchs amicaux se sont bien passés et j’ai pu me faire une petite place dans l’effectif professionnel. J’ai aussi pu signer mon premier contrat. Un moment inoubliable qui a rendu heureux toute ma famille. Je ne pensais pas que les choses allaient se passer aussi vite pour moi. C’est la beauté du foot. »
Source : rfi

