Journée internationale pour l’Elimination de la Fistule obstétricale : l’ONASR a reçu les hommes de médias dans son fief

En prélude de la Journée internationale pour l’Elimination de la Fistule obstétricale, qui est célébrée chaque 23 mai 2024, l’Office national de la Santé de la Reproduction (l’ONASR) a reçu les journalistes à travers une conférence de presse, ce mercredi 22 mai 2024 dans son sein. L’objectif, c’est d’informer l’opinion nationale, comment contribuer à l’accélération de l’élimination de la Fistule obstétricale au Mali. Le thème retenu de cette édition 2024 pour le Mali est de: « Intensifier la sensibilisation auprès des prestataires et des communautés pour renforcer la prévention et la prise en charge de la Fistule obstétricale ». Au présidium il y avait la présence de Dr Haïdara Ben Moulaye, directeur général de l’ONASR, de N’ji Keïta, chef du département santé-mère à l’ONASR et de Pr Mamadou Lamine Diakité, chef de service Urologie Point G.

À l’ouverture de travaux, Dr Haïdara Ben Moulaye, directeur général de l’ONASR dira que, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la prévalence de la fistule obstétricale est estimée à plus de 2 millions de jeunes femmes à travers le monde dont la plupart en Afrique et en Asie du Sud. Son incidence en Afrique de l’Ouest est de 3 à 4 pour 1000 accouchements. Pour faire face à ce drame silencieux, le système des Nations Unies a lancé en 2005 la campagne mondiale d’élimination de la fistule obstétricale sous l’égide de l’UNFPA. Il rajoute que, l’une des stratégies mondiales retenues par le système des Nations Unies pour lutter contre la fistule obstétricale est de faire le plaidoyer pour mobiliser davantage de ressources, et de sensibiliser la communauté sur les facteurs favorisants afin de la prévenir. C’est dans cette optique que l’Assemblée Générale des Nations Unies lors de sa 67 session tenue le 20 décembre 2012 à New York (A G /11331), a proclamé le 23 Mai comme journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, a-t-il expliqué 

Dr Haïdara a rappelé que la célébration de cette journée au Mali depuis 2013, traduit l’engagement politique des plus hautes autorités du pays. Pour cette édition 2024, le ministère de la Santé et du Développement Social s’appuie sur l’Office National de la Santé de la Reproduction pour organiser les activités de ladite journée. Le thème de l’édition 2024 pour le Mali est de: «Intensifier la sensibilisation auprès des prestataires et des communautés pour renforcer la prévention et la prise en charge de la fistule obstétricale ». Selon lui, l’objectif général de la commémoration de cette journée, est de contribuer à l’accélération de l’élimination de la fistule obstétricale au Mali. Par rapport aux objectifs spécifiques, c’est de renforcer la compréhension des autorités, des prestataires, des responsables des organisations de la société civile et des communautés sur la problématique de la fistule obstétricale au Mali à travers la communication pour le changement social et de comportement; emmener les décideurs/autorités gouvernementales à s’engager dans la prise d’actions fortes en faveur de la prévention et la prise en charge des femmes porteuses de fistules obstétricales; renforcer le partenariat public privé pour une meilleure synergie des interventions dans le cadre de la prise en charge de la fistule obstétricale, a-t-il insisté 

Par rapport aux informations générales sur la fistule obstétricale, Dr Moulaye dira qu’elle se définit comme une perforation de la paroi vaginale qui communique avec la vessie ou le rection à la suite d’un travail d’accouchement long et difficile ». Selon lui, elle se manifeste par une perte d’urines et parfois de matières fécales par le vagin engendrant une souffrance physique, morale, psychologique et sociale.

La fistule obstétricale est une affection très handicapante qui touche la jeune femme et qui l’exclut de la société. Elle frappe en général des parturientes de niveau socio-économique bas, dans les régions où la couverture médicale est faible.

Les facteurs favorisants la survenue de la fistule obstétricale sont : le Mariage précoce/grossesse précoce, Retard tardif aux soins pour l’accouchement, Mutilations génitales féminines, Inaccessibilité géographique des services de santé, Malnutrition, Pauvreté, Les erreurs médicales. Ce qui concerne le traitement de la fistule obstétricale; il est chirurgical. Il est cher et n’est pas à la portée des victimes. Au Mali, ce traitement est pris en charge généralement par les partenaires: UNFPA, USAID/ MSSFPO, IAMANEH Mali, COOPERACCIO, INNER WEEL, FONDATION ORANGE… Sites de traitement: CHU Point G Bamako, Hôpital Fousséni Ndaou de Kayes, Hôpital de Sikasso, Hôpital Nianankoro Fomba, Hôpital de Mopti, Hôpital de Gao, Hôpital Tombouctou et le CSRéf de Koulikoro. Obstacles liés au traitement de la fistule obstétricale, on peut noter entre autres: Coût élevé du traitement, Insuffisance Insuffisance d’information sur le traitement, Insuffisance de ressources humaines qualifiées spécialisées dans la chirurgie de la fistule, a-t-il cité 

Aux dires de Dr Haïdara Ben Moulaye, les conséquences de la survenue d’une fistule obstétricale sont: la perte de l’enfant, l’exclusion religieuse, la marginalisation voire l’isolement, la pauvreté, le traumatisme psychologique, l’infertilité. Pour éviter la fistule obstétricale, il a rappelé qu’il existe des mesures préventives pour éviter la fistule obstétricale. Pour éviter la survenue de la fistule obstétricale, selon lui, il faut : Effectuer des consultations prénatales régulières, Effectuer l’accouchement (personnel qualifié) dans un centre de santé, Affecter une Sage-femme dans chaque maternité du centre de soins, Poser toujours une sonde urinaire en cas d’évacuation, Recourir á la césarienne au besoin, Former plus de chirurgien pour la pratique Césarienne, Eviter le mariage d’enfants, Promouvoir la planification familiale, Non excision des jeunes filles dans la communauté, Elaborer un plan d’action pour l’élimination de la fistule.

Pour finir, Dr Haïdara a donné quelques résultats de la prise en charge chirurgicale de la fistule obstétricale:

2018:178 cas; 2019:253 cas; 2020:192 cas; 2021:259cas; 2022: 286 cas, 323 en

2023:(Données SLIS et DHIS 2), pour les Défis, il s’agit de: La prise en charge régulière des cas dans la routine; La reinsertion effective des femmes victimes; La mise en place d’un système d’exemption de couts pour les femmes victimes; a-t-il conclu 

Saouti Cissé

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